Groupe et prise de risque en situation d’urgence
Ansel Dominique (Université de Franche Comté, dominique.ansel@univ-fcomte.fr), Jessel Julien (), Jacquey Jérôme ()
De nombreux professionnels interviennent dans des situations d’urgence. Ces interventions parfois délicates, souvent génératrices de stress s’inscrivent dans des pratiques où le travail en équipe est primordial. Depuis Stoner (1961) certains travaux font état de la tendance des groupes à prendre plus de risques dans certaines conditions, que les individus (Kogan et Wallach ,1964 ; Pruitt, 1971) On note en particulier un déplacement des décisions collectives en fonction de la norme de la culture et du milieu social dans lequel baigne le groupe (Doise, Moscovici, 1984). La recherche expérimentale présentée ici s’intéresse aux pompiers, milieu professionnel où la cohésion du groupe est posée comme un indice d’efficacité et la prise de risque une réalité valorisée.
Nous supposons que les situations d’urgence augmentent la prise de risque et que celle-ci est encore accentuée dans les interventions collectives. Tous les sujets sont des pompiers professionnels. Plusieurs situations d’intervention sont décrites dans un questionnaire. Chacune d’elle présente un caractère plus ou moins urgent. Chaque sujet est confronté pour chaque situation à des décisions plus ou moins risquées. Pour un premier groupe de sujets les situations sont présentées dans un contexte où le professionnel est censé intervenir seul. Pour un second groupe l’intervention se fait en équipe.
Nos premiers résultats montrent clairement une tendance des professionnels à choisir majoritairement la solution la moins risquée. Les choix risqués sont effectivement plus nombreux dans les situations les plus urgentes mais contrairement à notre seconde hypothèse, uniquement dans la perspective d’une intervention où l’individu se trouve seul pour prendre sa décision. L’intervention collective joue ici un rôle modérateur. Ces résultats sont analysés sous l’angle théorique et pratique des facteurs influençant la perception de la prise de risque (Samurçay et Rogalski, 1993 ; Kouabenan, 2000, 2006) des professionnels confrontés aux situations d’urgence.