De l’école primaire au collège : Evolution de l’affiliation contextuelle
Cartierre Nathalie (Université de Lille 3, nathalie.cartierre@etu.univ-lille3.fr), Demerval René (Université de Lille 3), Coulon Nathalie (Université de Lille 3), Delelis Gérald ()
Problématique : De par des processus normaux de socialisation, la configuration des contextes de vie se modifie sensiblement au cours de l’adolescence. Nous nous intéressons à la perception qu’ont les adolescents de la qualité des transactions Adolescents-Contexte, c’est-à-dire des interactions réciproques énoncées par le modèle bioécologique. Nous évoquons alors l’affiliation contextuelle pour rendre compte du lien, de l’attachement, aux personnes, dans le contexte. La présente recherche a pour objectif d’explorer l’évolution de l’affiliation contextuelle à différents niveaux de scolarité et dans trois contextes de vie significatifs : famille, école et pairs.
Méthode : 1873 adolescents participaient à la recherche : 194 filles et 166 garçons en CM2 (M âge = 10,6), 354 filles et 341 garçons en 6ème (M âge = 11,7), 413 filles et 405 garçons en 4ème (M âge = 13,7). Trois scores d’affiliation, à la famille, à l’école et aux pairs étaient obtenus à partir d’un questionnaire anonyme comprenant les trois sous-échelles d’affiliation contextuelle. Parmi les items, nous avions par exemple « J’aime bien parler avec mon père ou ma mère » (contexte Famille), « Au collège, j’obéis facilement aux adultes » (Ecole) et « Je peux donner mon avis comme les autres » (Pairs). Les modalités de réponses – non, plutôt non, plutôt oui, oui – étaient cotées de 0 à 3 et, pour chaque contexte, chaque participant obtenait un score d’affiliation sur 18. Des analyses uni- et multi-variées ont été effectuées pour tester les effets du sexe et du niveau (CM2, 6ème, 4ème) sur les trois scores d’affiliation contextuelle. Des tests de Newman-keuls ont permis de comparer deux à deux ces trois niveaux.
Résultats : Les résultats montrent un effet du niveau (CM2, 6ème, 4ème) sur les scores d’affiliation aux contextes Famille et Ecole mais pas sur les scores d’affiliation aux Pairs. Plus on avance dans les classes, plus les scores d’affiliation à la famille et à l’école diminuent. Pour le score d’affiliation à la famille, les 4ème se différencient des 6ème et des CM2, mais 6ème et CM2 ne se différencient pas. Pour le score d’affiliation à l’école, les trois niveaux se différencient deux à deux. Les résultats montrent aussi un effet du sexe sur les scores d’affiliation à l’école (scores plus faibles pour les garçons) et aux pairs (scores plus faibles pour les filles). Il n’y a pas d’effet d’interaction sexe x niveau.
Conclusion : Les résultats montrent l’intérêt de considérer le développement « en contexte » et d’en avoir une approche dynamique. La famille et l’école sont des contextes particulièrement importants et la baisse de l’affiliation nous interroge sur son évolution après la 4ème. Alors que sont connus les effets du vécu contextuel des adolescents sur leur développement et leur santé, nous souhaitons utiliser l’échelle d’affiliation contextuelle dans un cadre de recherche sur les liens entre la désaffiliation contextuelle, le sexe, le genre et la santé des adolescents.