Effet conjoint de la mise en scène des explications causales et de la connivence établie par le candidat dans un entretien de recrutement sur l’évaluation du recruteur.
Frigout Sophie (Université de Paris 8, frigout8@wanadoo.fr), Bromberg Marcel (Université de Paris 8), Sales-Wuillemin Edith (Université de Paris 8)
De nombreux résultats attestent que, lors d’un entretien de recrutement, un candidat peut améliorer l’issue du processus de la recherche d’emploi par l’utilisation de tactiques discursives différentes. On a montré que la mise en scène discursive des explications causales « internes » favorisait une évaluation positive des recruteurs (Frigout, Bromberg, 2006). D’autres recherches portant sur le style du discours, s’intéressent à la façon dont le locuteur établit une relation sociale avec son interlocuteur durant l’interaction. Selon Howard (1990), tout ce qui peut favoriser au moyen du langage la connivence avec l’interlocuteur augmente son pouvoir persuasif. La recherche a pour but d’étudier les effets de deux mises en scène causales internes/externes de la référence sur l’évaluation du recruteur selon que le candidat tente ou non d’établir avec lui une connivence (en utilisant des expressions verbales sollicitant l’approbation de l’interlocuteur comme avec les « tag-question » : « vous me comprenez ? » « n’est ce pas ? »). Nous faisons l’hypothèse que l’effet de la mise en scène des explications causales sur l’évaluation du candidat sera modulé par la nature de la mise en scène de la relation. Un candidat « interne » sera d’autant mieux évalué qu’il aura adopté un jeu de langage visant à établir de la connivence. Après avoir visionné un entretien de recrutement selon une des 4 versions (style discursif interne/externe x connivence présente/absente), les 40 recruteurs remplissaient des échelles concernant : la probabilité de recrutement du candidat, ses caractéristiques, les explications fournies à propos de son parcours, sa présentation générale et la relation établie avec le recruteur. Les résultats montrent, contrairement à nos hypothèses, que la tentative d’établir de la connivence induit une évaluation négative du candidat sur l’ensemble des variables dépendantes par rapport à un style langagier plus distant. De plus, on n’observe pas d’effet simple de la variable explications causales, ni d’interaction. Une des explications de ces résultats peut résider dans le fait que la mise en scène de la connivence s’appuie sur des indicateurs langagiers propres à l’engagement discursif relatif aux styles langagiers définis dans la littérature comme « Powerless/Powerfull » (Carli, 1990). Ces styles ont des effets sur les valeurs et les statuts mis en jeu par les interlocuteurs. Carli, L.L. (1990). Gender, language, and influence. Journal of Personality and Social Psychology, 59, 941–951. Frigout, S., Bromberg, M. (2006). Effet des stratégies communicatives verbales et non-verbales dans un entretien d’embauche sur l’évaluation de recruteurs différents. 6ème Congrès International de Psychologie Sociale en Langue Française. Grenoble : 30 août-02 septembre. Howard, D. (1990). The influence of verbal responses to common greetings on compliance behavior: The foot-in-the-mouth effect. Journal of Applied Social Psychology, 20, 1185-1196.