Effets de la composante informationnelle des biens culturels sur l’estimation de leur prix par des sujets naïfs
Sakalaki, Maria (Department of Psychology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens, sakalaki@panteion.gr), Kyriakopoulos, Giorgos (Department of Psychology, Panteion University of Social and Political Sciences, Athens)
L'information est un bien spécifique aux propriétés paradoxales (Eaton & Bawden, 1991) dont la valeur et la qualité sont incertaines. Une recherche récente a montré que les sujets sous-évaluent l'information par rapport aux biens matériels, toutes choses étant égales par ailleurs, c'est à dire lorsque les deux types de produits leur rapportent le même gain (Sakalaki & Kazi, 2007). Nous avons voulu étudier si ces résultats peuvent être généralisés à d'autres produits qui, eux, relèvent de l'information-connaissance, tels que les produits culturels, que les économistes considèrent comme des biens informationnels (Chantepie & Diberder,2005), en vérifiant d'abord que les sujets percoivent cette dimension immatériel des biens culturels et la considèrent même comme dominante pour l'évaluation du prix.
Les hypothèses de cette recherche sont les suivantes :a) les sujets naïfs doivent considérer que la valeur économique des produits culturels est liée aux composantes informationnelles plutôt que matérielles de ces produits et b) si ceci est vrai , les sujets doivent sous-évaluer la valeur économique des produits culturels en comparaison de la valeur des produits matériels, tout comme ils sous-évaluent l’information par rapport aux biens matériels. Une première étude a porté sur 2 groupes d’étudiants à qui on demandait si la valeur d’un tableau de peinture (groupe A=46 sujets) ou d’un film (groupe B= 45 sujets) est déterminé par les composantes matérielles ou immatérielles de l’œuvre. La deuxième étude a porté sur 2 groupes expérimentaux d’étudiants, à qui on demandait quel est le prix maximum qu’ils étaient disposés à payer pour acheter un tableau (groupe C=40 s.) ou un bien immobilier (groupe D= 45 s.) si ces biens leur faisaient gagner 500.000 euros, à condition de revendre le bien immédiatement après achat. Les résultats ont confirmé les deux hypothèses et ont montré que a) les sujets considèrent de manière statistiquement significative que les biens culturels sont plutôt informationnels (T-test, a=0,05) et b) ils sous-évaluent la valeur économique des biens culturels en comparaison des biens matériels (Test Kruskal - Wallis, a= 0,05) .
Références
Chantepie P.& Diberder A.,(2005),Révolution numérique et industries culturelles,Col. Repères, Ed. De la Découverte.
Eaton J.J.& Bawden D., (1991), What kind of resource is information? Journal of Information management,11,2, 156-165.
Sakalaki M.& Kazi S., (2007), How much is information worth ? Willingness to pay for expert and non-expert informational goods compared to material goods in lay economic thinking, Journal of Information Science,33, 3, 315-325.