Perspectives psychologiques pour l’amélioration de la gestion des crises

Specht Maryline (Université René Descartes Paris 5, maryline.specht@univ-paris5.fr)

Les victimes des situations de crises peuvent être tout autant les victimes elles-mêmes (traumatismes directs), mais aussi les secours et l’entourage (traumatismes indirects) ou encore les accompagnants (traumatismes vicariants) (Serniclaes 2000). De nombreux travaux (Mitchell, 1981, 1983, 1990, 1993 ; Raphaël, 1986) ont déjà porté à notre attention la situation faiblement encadrée des secours et les difficultés émotionnelles qui en découlent. La réponse à cette question a été abordée dans la gestion de crise à travers 1 – la formation (ou l’entraînement) et 2 – les soins ou le suivis post intervention soit un accompagnement extra - crise. Nous proposons à travers deux études de cas de mettre en évidence les apports de l’introduction d’un accompagnement intra – crise. Le premier cas est lié à une intervention menée dans le cadre du Projet PO2005 de mise en place d’une force de secours et d’intervention Européenne. Une simulation d’exercice impliquant plus de 10 pays s’est déroulée au cours d’une semaine en Italie en Octobre 2005. Dans ce cadre, l’observation – évaluation (réalisée suivant une méthodologie d'observation participante) des difficultés de coordinations et d’intervention a mis en évidence les besoins des forces de secours d’une assistance psychologique permettant de faciliter la prise en charge des difficultés émotionnelles liés aux interventions qu’elles soient d’ordre traumatiques ou d’ordre organisationnelles (e.g. communication inter équipes). Le second cas est un exercice de simulation de crise réalisé au centre de gestion de crise à Bruxelles en Novembre 2006. Lors de cet exercice, l’observation des intervenants a mis en évidence les difficultés managériales des acteurs ainsi que leurs liens au manque de prise de conscience des difficultés émotionnelles des équipes qui impactent les processus de la gestion de crise. Il apparaît ainsi que sans être traitée de manière continues, les difficultés émotionnelles des intervenants peuvent être un enjeu important de la performance des équipes de gestion de crise. Aussi, l’exploration des enjeux et des possibilités d’un accompagnement de ces difficultés représente une perspective importante pour l’amélioration de la gestion des crises.