Etre le seul représentant de son sexe dans un contexte de travail: impact sur les performances
Viallon Marie-Laure (Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand, marielaure.viallon@voila.fr), Martinot Delphine (Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand)
À l’heure où notre société prône la parité hommes-femmes, la réalité montre que dans certains domaines (e.g. science, politique, artisanat) les femmes sont largement minoritaires, alors que dans d’autres (e.g. professions paramédicales, enseignement primaire), ce sont les hommes qui sont minoritaires. Or, lorsque les individus sont minoritaires sur la base de leur sexe ou seul représentant de leur sexe (statut solo), les performances des femmes sont plus faibles que celles hommes (Sekaquaptewa & Thompson, 2002). Notre objectif est d’essayer de réduire cette différence de performance entre les hommes et les femmes. Nous faisons l’hypothèse qu’une situation de travail en équipe où un individu est le seul représentant de son sexe introduit l’idée de leadership. Le leadership étant une caractéristique positive associée au stéréotype masculin, mais pas au stéréotype féminin (e.g., Bem, 1974), une femme avec un statut solo dans un contexte de travail en équipe aurait une plus faible performance qu’un homme avec un statut solo. Nous suggérons que la différence de performance entre les hommes et les femmes occupant un statut solo pourrait être minimisée si le travail en équipe implique une comparaison intersexe sur un domaine où les femmes ont meilleure réputation que les hommes. Pour tester cette hypothèse, 91 étudiants et étudiantes en première année de psychologie ont participé à une recherche basée sur le plan expérimental suivant: 2(sexe) X 2(statut numérique: majoritaire ou solo) X 2(contexte de performance: travail en équipe ou comparaison intersexe). Les participants réalisaient un test sur un domaine favorable aux femmes (les sciences humaines et sociales). Le statut solo associé à un contexte de travail en équipe était supposé rendre saillant le stéréotype de leader, favorable aux hommes, alors que le statut solo associé à un contexte de comparaison hommes-femmes était supposé rendre saillant le stéréotype de la femme plus compétente en sciences humaines que l’homme. L’analyse des résultats a été réalisée au moyen d’une ANOVA 2X2X2 à 3 facteurs indépendants (sexe, statut numérique et contexte de performance). Comme attendu, les femmes ont réalisé de plus faibles performances que les hommes dans un contexte de travail en équipe, mais elles ont réussi aussi bien que les hommes dans un contexte de comparaison intersexe. Comme attendu également, les performances des hommes et des femmes ne diffèrent pas significativement lorsque leur sexe représente la majorité numérique dans le contexte de performance, quel qu’il soit (travail en équipe ou comparaison intersexe). Par conséquent, en attendant que la parité soit effective dans certains domaines professionnels nous pensons que la différence de performance hommes-femmes observée lorsque les individus d’une équipe sont minoritaires sur la base de leur sexe peut disparaître au profit d’une égalité entre les deux sexes si le contexte social tend à mettre en valeur un stéréotype favorable aux femmes.