Les tactiques de présentation de soi dans les relations interpersonnelles: une étude sur les jeunes étudiants et les travailleurs
Mazzoleni Carla (Université des Etudes de Pavia (Italie), carla.mazzoleni@fastwebnet.it)
La présentation de soi (impression management) est le processus à travers lequel les individus tentent de contrôler l’impression qu’ils font sur autrui (Leary & Kowalski, 1990; Schneider, 1981; Schlenker, 1980). Une telle construction s’apparente dans la littérature à d’autres constructions bien connues: le self-monitoring (maîtrise de soi) (Snyder, 1974), la désirabilité sociale (Crowne et Marlowe, 1964), l’auto conscience (Fenigstein, 1975). Deux courants de recherche se sont développés au cours des dernières décennies : le premier, avec la contribution d’auteurs comme Jones & Pittman (1982), Schlenker (1985), Baumeister (1986), s’engage à fournir des analyses conceptuelles sur la présentation de soi ; le deuxième entend associer cette théorie à une grande variété de phénomènes interpersonnels (Tedeschi & Felson, 1994 ; Weary & Arkin, 1980).
Parmi les stratégies d’auto présentation, Tedeschi et Melburg (1984) ont distingué les stratégies défensives des stratégies assertives en fonction des objectifs poursuivis. Lee et ses collègues (1999), auteurs de la Self Presentation Tactics Scale (SPTS), ont récemment pris en considération 12 stratégies de présentation de soi parmi les plus importantes en littérature et les ont organisées selon les critères proposés par Tedeschi et Melburg.
La présente étude se propose de vérifier l’utilisation des différentes tactiques de présentation de soi, mesurées avec le SPTS, en fonction du genre (selon la théorie des rôles de genre de Eagly,1987, on suppose que les filles tiennent davantage à souligner la qualité de ce qui est agréable, alors que les garçons se montrent plus assertifs) et de l’emploi (étudiant/étudiant travailleur : on suppose que les jeunes exposés aux pressions du monde du travail sont plus enclins à se consacrer à leur propre autopromotion). En outre, on entend vérifier l’existence d’un lien entre les stratégies de présentation de soi et l’auto-efficacité (self-efficacy) perçue dans l’expression des émotions (Caprara, Gerbino, 2001), et l’auto-efficacité sociale et empathique (Caprara, Gerbino, Delle Fratte, 2001) (on suppose que ceux qui possèdent une plus grande conscience et capacité d’analyse de leurs propres émotions et de celles d’autrui sont davantage en mesure de maîtriser leur propre image).
L’échantillon pris en examen est composé de 393 étudiants universitaires, ayant un âge moyen de 22,9 ans. L’application de modèles d’Analyse de la Variance et des corrélations a confirmé les hypothèses inhérentes aux différences de genre et la présence de corrélations positives entre les mesures considérées; en revanche, l’hypothèse inhérente à l’emploi plus important de stratégies d’auto présentation chez les travailleurs par rapport aux étudiants sans travail n’a pas été confirmée. De tels résultats et la fécondité potentielle de la construction de l’auto présentation dans le panorama de la psychologie sociale font l’objet d’un examen approfondi à la fin du travail.